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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 09:38

lefigaro

Une jubilation communicative 

Armelle Héliot 01/02/2008

Oulipo, pièces détachées, de Michel Abécassis au Théâtre du Rond-Point.

Ceux qui aiment les mots connaissent la belle histoire de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), réunion d'esprits aigus qui fondèrent cet «atelier» hors normes le 24 novembre 1960 pour écrire sous contrainte et inventer de nouvelles formes poétiques et romanesques. À la tête de cette aimable constellation, François Le Lionnais, Raymond Queneau et parmi ses plus brillantes étoiles, Georges Perec.

L'Oulipo vit toujours et Michel Abécassis nous en administre la plus spectaculaire et irrésistible des preuves avec l'épatant Oulipo, pièces détachées qu'il a conçu et met en scène au Théâtre du Rond-Point, dans la salle Jean-Tardieu, comme un hommage implicite au grand homme d'Un mot pour un autre.

Michel Abécassis a sélectionné les textes, les fragments. Il a puisé dans un océan de trouvailles et n'a retenu que les plus aptes à soutenir l'épreuve de la profération et du plateau. Vous raconter le moindre tableau reviendrait à amoindrir vos étonnements et émousser votre plaisir. Représentation brève, vive, dense, avec des humeurs de cocasse cabaret, Oulipo, pièces détachées est joué par trois interprètes exceptionnels, intelligents, originaux, acrobates des mots et de la diction, des as qui d'un regard vous retournent, des jongleurs virtuoses. Ils se nomment Nicolas Dangoise, Pierre Ollier, Olivier Salon, l'un des auteurs de quelques « pièces ». Ces garçons modestes et fiers comme trois Frères Jacques sont d'une précision diabolique. Tout est donné sur un rythme musical, car les contraintes de l'Oulipo font naître une musique très particulière dans laquelle le sens et le son s'épousent. Roubaud, Bénabou, Mathews, Caradec, Jouet, Monk, Fournel, Perec, Lescure, Le Tellier, Pastior, les vivants et ceux qui sont passés de l'autre côté du miroir sont là, leurs mots noués en un éblouissant bouquet d'où n'émerge d'une unique femme, Michelle Grangaud. « Je chante faux mais j'entends juste », support d'un désopilant moment dans une cascade de fraîcheur, d'esprit, de rire.
Théâtre du Rond-Point, salle Jean-Tardieu, à 18 h 30 du mardi au dimanche. Jusqu'au 24 février. Tél.: 0892701603 et www.theatredurondpoint.fr Texte aux Éditions Mille et une Nuits (2,50 €). Les lundis 3 et 31 mars, 14 avril, 9 juin, rencontres avec l'Oulipo et ateliers. Tél.: 0142855249.

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"Trois acteurs extraordinaires, c'est un bonheur de rire et de délices sur la langue."


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France 2 emission "des mots de minuit" du 14/02/08

Vous devez voir absolument au Théâtre du Rond-Point à Paris

Pièces détachées/Oulipo mise en scène par Michel Abécassis avec Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon.

Courez-y vite, on en rit. C’est un plaisir !

Merci Messieurs.

Philippe Leffait

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terrasse

janvier 2009

Un exercice de style mené de main de maître

Michel Abecassis a construit sur scène un dédale théâtral aussi subtil que celui de ses inspirateurs dont on sort avec le plaisir jubilatoire d'y avoir erré, Guidé par un fil spectaculairement solide et sacrément efficace. Trois comédiens, Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon, se passent le relais de la parole à l'instar de musiciens de jazz pris entre improvisation libertaire et cadre créatif fécond. Les mots surgissent dans la spontanéité d'un texte savamment ouvragé qui joue des bégaiements, des redites, des fulgurances, des vertiges et des farces syllabiques et sémantiques. Une scénographie maline et simple permet aux trois compères de faire voltiger le sens et le récit, jusqu'aux marges de la déconstruction, jusqu'au risque de l'absurde, sans que jamais, pourtant, le spectateur ne se perde dans les arcanes rigolotes de cette alchimie langagière. Des accessoires désopilants, des lettres, des livres, des cartes et des objets inattendus viennent soutenir un jeu remarquablement maîtrisé qui fait naître une sorte de pyrotechnie élégante et joyeuse qui allie le bonheur de voir à celui d'entendre. Un oulipien est « un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir » disent avec malice Marcel Bénabou et Jacques Roubaud. Ces Pièces détachées mis en scène avec un talent formel par Michel Abecassis sont à la hauteur des exigences et du délire protéiformes des membres facétieux de ce club d'équilibristes que sont les auteurs Oulipiens. Un spectacle allègre en forme de florilège lexicographe où les mots swinguent avec bonheur et joie.

Catherine Robert.  (La Terasse)

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«Ou li po le spectacle !»

par Elisabeth Bouvet

Article publié le 31/01/2008

(Photo : Philippe Delacroix) RFI

(Photo : Philippe Delacroix)

Pour qui aime jouer avec les mots, une adresse, le théâtre du Rond-Point à Paris qui propose jusqu’au 24 février, Oulipo, Pièces détachées, hommage jubilatoire signé Michel Abécassis, le metteur en scène de ce spectacle à ces fieffés oulipiens que sont Georges Perec, Raymond Queneau, Jacques Roubaud ou encore Jacques Jouet. Le spectacle réunit une vingtaine de textes qui ont en commun, selon la règle première et unique de l’Oulipo, d’avoir été écrits sous la contrainte. Un voyage en Oulipo ludique, drôle et, pour tout dire, vertigineux. Coup de chapeau d’ailleurs aux trois acteurs carrément virtuoses dans l’art de jouer, eux aussi, sous la contrainte.

 

« Au fond, je me donne des règles pour être totalement libre ». Cette boutade de Georges Perec, que Michel Abécassis considère comme « le grand inventeur » de l’Oulipo, résume on ne peut mieux l’esprit de ce « laboratoire d’écriture » crée en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain Raymond Queneau, entre autres, et qui, plus de quarante après, a toujours ses pratiquants, ses adeptes. A des années lumières de l’écriture automatique propre aux surréalistes, l’Oulipo ou Ouvroir de littérature potentiel se donne pour consigne de produire à partir de contraintes à l’instar du fameux roman de Georges Perec, La disparition, qui n’utilise jamais la voyelle « e ». Ce qui relève de la prouesse ! Et d’une certaine virtuosité car, rappelle Michel Abécassis, « les textes oulipiens sont d’une richesse phénoménale. Leurs auteurs sont des savants qui nous ouvrent des fenêtres sur des territoires inattendus, farfelus, singuliers, barges et où l’humour le dispute à la fantaisie ».

(Photo : Philippe Delacroix)

(Photo : Philippe Delacroix)

Ni psychologue ni naturaliste, Oulipo, Pièces détachées n’est pas à proprement parler du théâtre au sens où le spectacle raconterait une histoire mais plutôt, selon la formule du metteur en scène « une mise en abîme des mots » jusqu’au vertige. Le spectateur est en effet emporté par un tourbillon de bons mots, contrepèteries, poèmes hallucinés, répétitions qui, par définition, produisent leur effet comique, et autres récits à double sens tels que le Va chez la voisine d’Olivier Salon, comédien dans le spectacle et oulipien convaincu, et qui, parce que les lettres ont été bousculées, se transforme bientôt en histoire coquine des plus hilarantes. Et pourtant, rappelle Michel Abécassis, « les oulipiens n’ont jamais eu le souci de la scène, de la mise en voix ». Aussi, pour en arriver là, Michel Abécassis confesse avoir dû passer « un an complet en immersion en Oulipo pour lire les milliers de textes produits » : « On ne peut pas faire un objet théâtral de tous les textes oulipiens. Mon critère de choix tenait en 3 points. Les textes devaient être faciles à comprendre, avoir de l’humour et procurer une sensation de vertige ». Et même si, avoue-t-il, ce spectacle se voulait de toute façon un hommage à Perec et Roubaud, il a tenu à élargir ses sources pour mieux montrer la diversité des oulipiens allant même d’ailleurs jusqu’à passer commande à ceux qui, aujourd’hui encore, se réclament de l’Oulipo.

(Photo : Philippe Delacroix)

(Photo : Philippe Delacroix)

« Oulipo, Pièces détachées, c’est aussi une rencontre avec des textes. Je pense par exemple au Roman épistolaire par lettres de Jacques Roubaud qui est pour moi, un texte-culte, fabuleux, extraordinaire autour duquel s’est d’ailleurs organisé le spectacle. Même chose avec le What a man ! de Perec. Et mon travail a consisté à mettre en bouche tous ces mots, à restituer leur incroyable musicalité. C’est en quelque sorte du théâtre sonore. Un seul et unique décor, quelques accessoires et juste les textes ». Sans oublier le corps des 3 acteurs qui, quand ils ne sont pas accroupis dans l’espèce de boîte oblongue percée de trois orifices par où ils passent leur tête, habitent l’espace à l’humilité et la précision des « diseurs », et même de diseurs virtuoses car, reconnait Michel Abécassis, « nulle place à l’improvisation, perdre le fil c’est se casser la figure ». Bref, une prestation sous contrainte à l’image finalement des textes oulipiens qui donnent sans cesse au spectateur la sensation d’être sur le fil du rasoir, de basculer bientôt, et pourtant de retomber toujours sur ses pieds. Une telle prouesse que le spectateur même non averti finit par se rêver en « rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir », selon la propre définition de l’oulipien par Jacques Roubaud et Marcel Bénabou qui, en matière d’Oulipo, en connaissent un rayon.

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Une merveille jubilatoire

Des mots et des jeux de mots, des exercices, des contraintes. Les écrits de plusieurs poètes inventifs sont ici réunis et joués par trois jongleurs du verbe épatants, Nicolas Dangoise, Pierre Ollier, Olivier Salon.

Si vous aimez les mots, les jeux de mots, si vous admirez ceux qui écrivent en s’imposant des contraintes comme le fit autrefois le merveilleux Georges Perec, si vous aimez rire, si vous admirez les acrobates, si les noms de François Caradec ou Harry Mathews vous disent quelque chose et même, bien sûr, si leurs noms ne vous disent rien, retrouvez ou découvrez ce monde magique d’une littérature qui pense, travaille, se travaille.

Oulipo ou « Ouvroir de Littérature Potentielle » est un groupe, une manière d’aborder la langue, une philosophie ludique et d’une intelligence délicieuse. Michel Abecassis a fait un choix de textes ; ils sont réunis en un petit volume très accessible. Mais ils sont aussi la matière d’un spectacle épatant dont on ne peut pas décrire les phases, les mouvements, sans détruire le bonheur que vous y prendrez. Cela vous a un petit air cabaret qui est irrésistible. Le montage des textes est très futé et les trois interprètes sont exceptionnels, doués, acrobates, drôles. Ils se nomment Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon, ils sont des as ! C’est d’un humour constant, on rit. Mais on admire.

Un bienfait ce spectacle !

Article d'Armelle Héliot paru dans le quotidien du médecin.

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bakchich 

Cela se passe au théâtre (du Rond-Point), donc c’est du théâtre. Mais c’est aussi autre chose, quelque chose comme une sarabande de phrases un peu cinglées, un peu tordues, où la langue jouerait avec l’oreille, avec l’œil aussi, et la mémoire. Cet objet théâtral bizarre a pour titre « Oulipo : pièces détachées ». C’est la pièce composée par Michel Abecassis à partir de fragments des textes des oulipiens.

Oulipo ? Oui : pour « OUvroir de LIttérature POtentielle », le groupe fondé en 1960 par François Le Lionnais et Raymond Queneau. Ceux chez qui le nom ravive un souvenir ajouteront « Perec », voire « Duchamp » ou « Calvino ». Certes, certes. Mais ces membres sont « excusés aux réunions pour cause de décès », quand l’Ouvroir est encore actif, ô combien. C’est parmi les vivants, les forces vives d’aujourd’hui que Michel Abecassis a surtout pioché, de Roubaud à Bénabou, Grangaud ou Monk, de Fournel à Mathews, Jouet ou Le Tellier. S’il y a toujours du jeu dans les œuvres oulipiennes, il y a parfois du tragique. Ici, le metteur en scène a fait le choix du rire.

Le résultat est une plongée désopilante dans un univers de trouvailles littéraires et sonores. C’est étonnant, c’est époustouflant, c’est musical comme sait l’être le langage. Pour soutenir la virtuosité des textes, Abecassis a jeté dans l’arène trois comédiens, non moins virtuoses, de véritables trapézistes de la diction, qui font fi du signifiant et du signifié : Nicolas Dangoise, Pierre Ollier, et Olivier Salon – de l’Oulipo lui aussi. La mise en scène, réglée au millimètre, est lumineuse.

Ça dure quoi, à peine plus d’une heure ? C’est vraiment vif, vraiment drôle, vraiment intelligent. 

Vincent Balmer   

Théâtre du Rond-Point, salle Jean-Tardieu, à 18h30 du mardi au dimanche. Jusqu'au 24 février. Tél.: 0892701603 et www.theatredurondpoint.fr
Texte aux Éditions Mille et une Nuits (2,50 €).
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  Oulipo - Pièces détachées

Michel Abécassis, fondateur et directeur du Théâtre de l’Eveil, dont un des axes de travail concerne les auteurs "singuliers", a conçu et mis en scène "Oulipo-Pièces détachées" qui, comme son titre l’indique, donne à entendre des oeuvres oulipiennes qui dynamitent la langue et expérimentent des contraintes littéraires nouvelles.

Ce spectacle ludique, qui oeuvre dans ce qu'il appelle "un théâtre de la langue, de la parole éclatée et jubilatoire", repose sur un florilège de textes d’oulipiens distingués, de Georges Perec, Raymond Queneau, Jacques Roubaud, Marcel Bénabou, parmi les plus connus du grand public mais aussi François Caradec, Olivier Salon, que l'on retrouve sur scène, et Ian Monk parmi les autres.

Un spectacle bienvenu dans le cadre de la saison "le Rire de Résistance" du Théâtre du Rond Point et qui célèbre de bien belle façon le cinquantième anniversaire de la naissance de l"OUvroir de LIttérature POtentielle".

La mise en scène inventive de cette mise en voix est à la mesure du propos - parapèteries, monovocalismes, aphorismes ou drame classique décliné en interjections, ravissent l'oreille - et cela commence pianissimo avec l’introduction à l’OU-LI-PO pour aller crescendo dans une folle symphonie pour trio virtuose et délirant dont la partition ne souffre aucune erreur si minime soit-elle.

Trois officiants éblouissants de virtuosité, Pierre Ollier, comédien-chanteur, Nicolas Dangoise, chanteur-comédien, et Olivier Salon, professeur de mathématiques oulipien, auteur de plusieurs des pièces présentées, mine de rien avec leur pull camionneur, air de pince sans rire et oeil pétillant, se livrent à un exercice de haute voltige verbale et vocale, qui n’est pas à la portée du premier venu.

Drôle, désopilant et rafraîchissant, ce spectacle est une petite merveille. On sort de la salle le sourire aux lèvres et la tête en fête.

MM

Paru sur Froggy’s delight, le site web qui frappe toujours 3 coups.

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 OULIPO : des bulles de champagne pour une fête de l'esprit !

Cette pièce est une vraie gourmandise qui se déguste avec jubilation. Cet hommage au théâtre, cet hymne à l'amour des mots est bien évidemment une révérence aux textes. Elle marque une incursion salvatrice dans le domaine du rire, de l'amour du théâtre, donnant ainsi aux spectateurs la façon de rêver les mots. OuLiPo, l'Ouvroir de Littérature Potentielle a été fondé le 24 novembre 1960 par François Le Lionnais, Raymond Queneau et une dizaine de leurs amis écrivains et/ou mathématiciens et peintres. Le propos est ici d'inventer de nouvelles formes poétiques ou romanesques sous contraintes. Pas de personnages ni de psychologie, mais un univers loufoque, burlesque et de l'humour, beaucoup d'humour... Un manège verbal et malicieux pour comédiens, chanteurs, jongleurs de mots. Le tout agrémenté de grigris, d’accessoires, de lettres, de livres et objets divers pour nous offrir une symphonie de mots qui bégayent, qui swinguent, qui se répètent, qui se cachent, en un mot une vraie orgie de bonheur. Cette leçon de liberté est l'oeuvre de trois comédiens brillants : Nicolas Dangoise (CNSM de Paris), Pierre Ollier (HEC) et Olivier Salon (docteur en mathématiques). Vitesse et folie ne laissent au public aucun loisir de se retourner, le prenant à la gorge déployée. Ils possèdent à fond les thèmes et les figures imposés d'un art de la variation, où tout est d'abord affaire d'exécution et de rythme. Le mot complicité prend avec cette pièce une nouvelle dimension. Des bulles de champagne pour une fête de l'esprit !!!

Hervé Méaudre

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Exercice de swingue

Michel Abécassis, génial farfadet des tréteaux, anime un trio follet qui jongle avec les textes et les mots de Roubaud, Queneau et toute la bande de l'Oulipo. Prodigieux!

OuLiPo, l'Ouvroir de Littérature Potentiel a été fondé le 24 novembre 1 960 par François Le Lionnais, Raymond Queneau et une dizaine de leurs amis écrivains et/ou mathématiciens et/ou peintres. Le propos était d'inventer de nouvelles formes poétiques ou romanesques résultant de la collision entre ces farfelus lettrés. La production a dépassé tous les espoirs de ces entrepreneurs de travaux poétiques. «Des mots qui swingent, qui bégayent qui décollent se répètent donnent le vertige, voyagent se cachent. Une orgie de mots», résume Michel Abécassis, exubérant mécano de ce spectacle abracadabrantesque. Il met en scène un trio composé de Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon. Leur jeu réglé avec une précision horlogère jongle avec les mots, les insolences, les parodies insultantes et les onomatopées. Leur face-à-farce vous attrape et ne vous lâche pas un instant. OuLiPo, un exerce de style exécuté avec une virtuosité désopilante.

JEAN-MICHEL ULMANN dans le n°227 du 31/01/08 d'impact médecine.

Ils jonglent avec les mots




Pour la 5e édition de VO en Soissonnais, les organisateurs avaient promis du rire.
Dès mercredi soir, au Mail, il était effectivement au rendez-vous avec « Pièces détachées/Oulipo » [...] mis en scène par Michel Abécassis. [...]
Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon se livrent sur scène à un incroyable ping-pong langagier d'une étonnante musicalité.
Les mots sont à la fête à un rythme effréné, entraînant le public - très fourni pour cette soirée d'ouverture - dans un tourbillon aussi loufoque que brillant.

Trois excellents comédiens pour des textes jubilatoires.

Philippe Robin, l’Union 22/05/09.



La Recherche 10/08/2009

Des mathématiques au théâtre

Le festival OFF d’Avignon n’est pas à proprement parler un festival de théâtre scientifique. Pourtant, parmi le millier ( !) de spectacles présenté cette année, se trouvait une pépite que ne dédaigneront pas les amateurs de mathématiques : « Pièces détachées/ OuLiPo », proposée par le théâtre de l’éveil. Une pièce basée sur une triple performance : celle du texte, des acteurs et de la mise en scène. Car il s’agit de donner vie aux œuvres absurdes et drôles de l’Ouvroir de Littérature Potentielle (l’OuLiPo), mouvement né en 1960 sous l’impulsion de mathématiciens et d’écrivains - Georges Perec, Raymond Queneau, etc. – et qui propose à ses membres d’écrire des textes en respectant des contraintes qu’ils auront eux même inventé. La contrainte S+7, par exemple, consiste à remplacer chaque substantif (S) d’un texte par le septième substantif après lui dans le dictionnaire. Sous la plume de Queneau, la Cigale et la Fourmi de La Fontaine est ainsi devenue la Cimaise et la Fraction, savoureusement récitée en guise de mise-en-bouche. Le hors-d’œuvre tient de la haute voltige vocale : les trois acteurs s’associent pour nous servir un « poème pour bègue » dans lequel chaque syllabe d’un vers paire est identique à la syllabe impaire qui la précède. Plat de résistance : nos trois artistes reprennent « What a man ! » de Georges Perec, « Oh ! l’ostrogoth ! » de Jacques Jouet et « Ce fêlé de mec » d’Olivier Salon, des « monovocalismes » où toutes les voyelles sont bannies, sauf une. Pour mieux nous perdre, le metteur en scène Michel Abecassis a choisi de ne pas expliquer les contraintes qui ont prévalu à l’élaboration de chaque texte. Charge aux spectateurs de décortiquer l’énigme ou de se laisser porter par la musique des mots. Un pur moment de plaisir que l’on pourra déguster cette année en tournée, partout en France. Les dates sont consultables ici>

Sophie Coisne.


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Un très bel article concocté par Pierre Assouline sur son blog.

Le Monde.fr

La République des livres, le blog de Pierre Assouline

08 novembre 2006

L’Oulipo en pièces détachées

 Oulipo , autrement dit OUvroir de LIttérature POtentielle, maison de qualité française fondée en 1960 par François Le Lionnais, Raymond Queneau et quelques copains qui faisaient dans les chiffres, les lettres et autres signes. Que vous sachiez ou non ce que c’est, que vous soyiez familier de l’exploration du lien entre littérature et mathématique, ou ignorant de la pensée des contraintes en écriture, ne ratez pas Pièces détachées au Théâtre du Rond-Point. Vous avez encore quelques jours puisque ça se termine le 11 novembre. Après il ne vous restera plus qu’à leur courir après à la Ferme du Bel ébat à Guyancourt (le 25 novembre) ou au Centre culturel de Villemoisson sur Orge (le 10 février), au Centre culturel des bords de Marne sis au Perreux (fin mars), en Russie, à Madagascar, ce qui, au fond, n’est pas très pratique quand on habite dans la ville du Théâtre du Rond-Point, mais chacun fait comme il veut. Ca en vaut vraiment la peine tant ce spectacle est un festival d’invention langagière, d’imagination scénique, de jeu avec les mots, d’humour bien tempéré, de burlesque achevé, de loufoque à souhait. Toute une démarche basée sur la complicité avec le lecteur, qui s’impose naturellement au spectateur.

    Ils sont trois sur scène, trois excellents comédiens: Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon. Ou, Li et Po, en fait. L’oulipien se définit comme un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir. Georges Perec disait qu’il se donnait des règles pour être totalement libre. J’en ai connu des oulipiens, le regretté Jacques Bens, Paul Fournel à vélo… On ne s’ennuie pas avec eux. Quand j’ai vu le spectacle, j’ai épié les réactions de l’un des pères fondateurs, Jacques Roubaud, assis devant moi, aux anges. Ca faisait plaisir à voir. De toute façon, les oulipiens ont ceci de particulier qu’ils ont toujours l’air de se marrer. Sur scène, ça va très vite. Bien rythmé, bien cadencé, bien balancé. On sourit autant qu’on rit, ce qui ne laisse guère le loisir de noter des bribes de phrases au vol pour les savourer plus tard. Trop drôle pour être bouleversifiant mais suffisamment virtuose pour être épastrouillant. Le concepteur et metteur en scène de ce spectacle authentiquement poétique, Michel Abecassis, a bien tricoté la chose en piquant dans les textes de nombreux membres de la bande. Un mot à l’endroit, un mot à l’envers. Quand on ressort de la salle Jean Tardieu du Théâtre du Rond Point (tiens, Jean Tardieu, autre jongleur, heureuse coïncidence), on a envie de retrouver les livres de Marcel Bénabou et d’Italo Calvino, de François Caradec et de Jacques Jouet et de quelques autres encore. Si on veut creuser l’affaire davantage, Esthétique de l’Oulipo ( 326 pages, 19 euros, Le Castor Astral) paru en juin dernier est indispensable. L’écrivain (et billettiste inspiré) Hervé Le Tellier y analyse sérieusement avec humour l’archéologie de l’Oulipo, ses références et ses citations, son système et sa logique, son travail sur la langue face au surréalisme comme repoussoir, au pastiche, à la parodie, au plagiat, au centon… Et surtout l’esprit de l’Ouvroir tout entier contenu dans le beau mot de “complicité”.

(Photo Philippe Delacroix)

 

 

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« Pièces détachées » ou les jongleurs de mots

« Pièces détachées », ce fut un petit régal d'une langue servie à toutes les sauces, jeudi dernier, au théâtre de la Madeleine devant une salle comble et hilare, par trois excellents comédiens qui manient avec brio les textes de Georges Perec, Raymond Queneau, Jacques Roubaud… dans un festival d'humour où les mots sont rois. Les bons, les grands, les gros, tout y passe dans une ronde éblouissante savamment orchestrée.

La femme de Napoléon, « La cigale et la fourmi » revisitée, le concert de contrepèteries, la dernière lettre, les poèmes pour les bègues, et tout une suite de mots tricotés à l'envers, emmêlés, futés, joyeux, qui font chanter les textes d'étonnante façon sur une mise en scène malicieuse de Michel Abecassis.

Quant aux trois comédiens - Nicolas Dangoise, Pierre Ollier et Olivier Salon -, ils se donnent le mot pour mettre en rire ce langage délicieusement loufoque. Une vraie performance et ce fut jubilatoire.

L.M.

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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 14:42

lemonde

Un brin d’ironie, un rien de noirceur, un soupçon d’absurde, le tout traversé de chansons et de standards de jazz où le tragique a toujours en ligne de mire l’espérance de jours meilleurs. Quelle allure ce spectacle ! Tout s’enchaîne avec un sens talentueux de la surprise. Un moment fort.



canard


Trois superbes artistes qui font swinguer les mots du Grand Boris. Un plaisir de mise en scène fidèle à ce magnifique touche-à-tout.
Du bon, du beau, du Boris !

 

parisien 


Un spectacle bardé d’humour, tendre et caustique.

Une occasion ludique de découvrir Boris Vian.
 

 

lefigaro

Michel Abécassis a choisi le côté rebelle de Boris Vian.
On savoure ces passages  « pro-civil » où Vian féraille avec l’uniforme.
Un spectacle mordant rythmé et engagé.
Une redécouverte du polémiste Boris Vian.

 

larche.JPG

 

Un spectacle succulent à l’humour corrosif.

 

 

terrasse

 

Michel Abécassis a fait le choix du mordant et de la lucidité, de la légèreté alliée à la gravitée, du rire et de la colère, et ressucite un Boris Vian méconnu et ragaillardissant dans un cabaret déjanté et libertaire, le tout pour composer pour notre plus grand bonheur un hymne spirituel en forme de « bain de jouvence » dans notre époque atone et compassée.

 

 

tsf

 

Un spectacle rythmé comme un bon disque de jazz. Textes, corps, voix…
Le tout agrémenté de chansons, standards de jazz, chorus vocaux.
Passant du rire aux larmes, le Grand Boris est là, devant nous. Quel swing !

 


billetreduc.JPG

Le spectacle mis en scène par Michel Abecassis rétablira harmonieusement chez vous les triples connexions restées en sommeil entre les zygomatiques, les neurones, et vos tympans.
Alors la magie opérera pendant une trop courte heure-un-quart car, curieusement, vos mains battront la mesure en applaudissant, vos yeux s’écarquilleront de bonheur, et votre cerveau embrumé retrouvera aux accents des années 50, la notion de plaisir que seuls les spectacles de qualité permettent de côtoyer avec bonheur.
Sans parler de l’approche étonnante du fameux « déserteur », imbriqué de manière si inattendue avec la lettre à Monsieur Faber que le résultat en est tout simplement sublime.
Le fantôme de Boris plane alors dans une atmosphère tendue et la chanson « à tous les enfants » finit d’achever notre émotion.
A ne rater sous aucun prétexte.
 
 

 

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 10:31

Paper2 La République du Centre :
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" Un spectacle intelligent et plein d'humour.Les comédiens font merveille dans ce chef-d'oeuvre de l'auteur de "Zazie". Pas une longueur, pas une fausse note  dans ce spectacle où défile une véritable galerie de personnages. On a l'impression que le monde entier s'est donné rendez-vous dans l'autobus. "

Rfi_2
" Il est merveilleux de voir de tels éclats de génie. "

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Logo_expresse_1 " Michel Abecassis a adapté de façon délirante une trentaine de variations d'Exercices de style. "


La Nouvelle République du Centre-Ouest :

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" Plus d'un millier de spectateurs à deux représentations pour saluer le formidable spectacle Exercices de style monté par le Théâtre de l'Éveil. Une salle debout explosant en triomphe d'applaudissements. C'est plutôt rare. Du théâtre comme on l'aime, qui vibre et qui amuse. "

Le Provençal :
.
" Le trio magistral du Théâtre de l'Éveil arrive enfin en Avignon. Ne les ratez surtout pas. "

Dauphin_lib" Quel régal que ce spectacle ! Trois gugusses raides qui font penser aux Frères Jacques. Un délire et des gestes précis comme un couteau coupant des oignons et voilà une salle qui pleure de rire. Une superbe soirée. "

Logo_paris_nuit_1 " Urgence ! Vous ne pouvez pas rester sans avoir vu cet énorme délire verbal et gestuel. Une mise en scène qui bouscule. Le public en redemande."

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Le Républicain :

.
" Une adaptation délirante où le rire ne s’interrompt que pour mieux repartir. Fracturés de la mâchoire s’abstenir. "

La Nouvelle République du Centre-Ouest :

.
"…Une salle debout explosant en triomphe d’applaudissements. C’est plutôt rare. Du théâtre comme on l’aime, qui vibre et qui s’amuse. "

Finter_1 " Ce spectacle est un coup de cœur. Allez-y vite ! C’est un excellent spectacle. "
emission « Pollen »


Of_1 " On se délecte en se tordant de rire pendant plus d’une heure. Un régal ! "


Logo_les_dpchesle_progrs " Une adaptation et une mise en scène exceptionnelles, alliées à une frénétique performance d’acteurs. "

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Réactions du public

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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 11:56

France Inter  Studio théâtre

Michel Abécassis a tiré des fils d'ombre et de lumière, de mots et de silences dans un spectacle unique. Le grand talent d’Olwen Fouéré, comédienne franco-irlandaise rappelle des actrices comme Anna Thomson ou Gena Rowlands.

Dans ses yeux se concentrent la force, la chaleur et l'humanité de ce beau travail.

Bravo et merci ! 

 

Les Inrocks

Sur le thème de la violence conjugale, Michel Abécassis met en scène un récit haut en couleur, sans oublier la tendresse et l’humour et un sens profond de l’humanité.

 

La Vie

Tour à tour drôle, fragile et endurcie, Olwen Fouéré porte son personnage avec une formidable intensité et nous touche au cœur.

 

The Irish Eyes

Il faut absolument que vous alliez voir Paula Spencer, la femme qui se cognait dans les portes. Pour être sur que vous ne manquerez pas un grand moment de théâtre.

 

Pariscope

Un texte violent et émouvant non dénué d'humour parfaitement mis en valeur dans cette mise en scène de Michel Abécassis. Entre confession brute et documentaire social interprété par Olwen Fouéré comédienne franco-irlandaise, regard intense et voix meurtrie.

 

L’humanité

Entre nuances et couleurs plus subtiles Olwen Fouéré passe en force et c’est là qu’elle emporte le morceau par son talent de comédienne.

 

Evene

Les mots brûlent : comment raconter, comment dire les mots quand on a aimé un homme autant qu’on l'a détesté ? A travers une mise en scène d’une grande sobriété, Michel Abécassis éclaire l’ambivalence du personnage, et fait de cette femme un véritable condensé d’humanité. Sans pudeur, Olwen Fouéré se livre à un jeu d’une puissance incroyable. Tour à tour désespérée, exaltée, elle dévoile les souvenirs qui se cognent contre les parois de son esprit. Et c’est toute la force de ce spectacle. Dans la lumière éphémère d’un briquet, elle parle. De tout, de rien. Des bonheurs, des malheurs, de sa vie. Entre rires et larmes, elle survit.

 

Direct Matin

Une mise en scène de Michel Abécassis qui évite le piège du misérabilisme grâce à une bonne dose d’humour. Un stand-up rock’n’roll porté par l’exceptionnelle Olwen Fouéré.

 

Froggy’s delight

Michel Abécassis canalise la fougue rageuse et perceptible d'une comédienne fascinante, exceptionnelle, tripale, qui donne à ce personnage une présence, une voix éblouissante. Elle vampirise l'attention du spectateur, entre fascination et stupeur. On peine à quitter la salle à la fin du spectacle. Le knock-out est imparable.


Théâtrauteurs

Olwen Fouéré allume une cigarette, s'assied à califourchon sur une chaise ….elle a une présence scénique incroyable et l'on se sent brusquement orphelins quand elle part.

 

Billet Réduc.com

KO debout… en bout !

Un témoignage bouleversant, dans une mise en scène de Michel Abécassis impressionnante de réalisme servi par Olwen Fouéré dont la force de jeu est incroyable ! Ce petit bijou baladera son écrin en tournée. Filez donc dans l’œil du cyclone, lui, il n’est pas au beurre noir !

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Entretien entre Michel Abecassis et le journal Irish Eyes :

Le génie franco-irlandais

De juillet à décembre 2008, les cultures des vingt-sept États membres de l’Union européenne seront à l’honneur aux six coins de l’Hexagone, sur ses diagonales et au-delà. C’est là le pari de la Présidence française de l’Union européenne : proposer pour la première fois au public français une Saison culturelle européenne qui mette en évidence la diversité créatrice de toutes les cultures européennes, ainsi que la force identitaire d’un patrimoine en grande partie commun. Le volet théâtral de la semaine irlandaise de cette saison débutera le 16 septembre 2008, sur la scène du Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie de Vincennes avec une adaptation de deux romans de l’auteur dublinois, « La femme qui se coignait dans les portes » et « Paula Spencer ».
Cette adaptation et sa mise en scène sont signées Michel Abécassis (auteur, comédien et metteur en scène, il a fondé théâtre de l'Éveil en 1982) en collaboration avec Olwen Fouéré.
The Irish Eyes a rencontré le metteur-en-scène pour découvrir ce qu’il y avait derrière ce beau projet franco-irlandais.


Irish Eyes : Pourquoi le choix de ce texte de Roddy Doyle?


Michel Abécassis : C’est très simple. J’ai été sollicité par l’Ambassade de France à Dublin dans le cadre de la saison culturelle européenne qui a lieu pendant la présidence de la France de l’Union européenne. L’attaché culturel qui me connaissait, m’a demandé si je pouvais travailler sur un projet franco-irlandais avec carte blanche artistique totale pour le projet artistique. J’ai pensé très vite à un roman qui j’avais lu il y a pas mal d’années, un roman de Roddy Doyle, « La femme qui se cognait dans les portes » et comme je monte très souvent des adaptations au théâtre, j’ai eu très envie de monter ce projet-là. Le Centre Culturel Irlandais de Paris, ayant vent du projet, tout de suite ils m’ont dit : « si vous souhaitez monter ce projet-là, il faut absolument faire ça avec Olwen Fouéré, qui est une des plus grandes comédiennes irlandaises. Elle parle en plus français ». Je l’ai rencontrée à Dublin il y a un peu plus d’un an et puis on a cheminé ensemble et on s’est mis d’accord pour faire ensemble ce projet. Là-dessus est venu l’auteur, Roddy Doyle, qui venait de sortir la suite du roman, onze ans après, en anglais. Ca s’appelle Paula Spencer et Olwen m’a dit : « Mais Michel, pourquoi tu ne ferais pas une adaptation des deux romans ? » et ça a beaucoup plu à Roddy Doyle et voilà comment on est arrivé à ce projet.

I.E. : Qui est donc Paula Spencer ? Pourriez-vous donc nous la décrire sans trop dévoiler ?

M.A. : Quand j’ai écrit à Roddy Doyle, j’ai insisté sur le côté universel de la femme qui avait à faire avec la violence conjugale. Ca lui a beaucoup plu. Le personnage de Paula Spencer c’est un personnage très shakespearien, qui se retrouve dans cette grande problématique de l’amour et de la haine. L’amour pour cet homme qu’elle aime mais en même temps qu’elle hait car cet homme va la massacrer avec une violence innommable, souvent sous l’emprise de l’alcool et en même temps il l’a sauvée de la misère. Et puis l’amour pour ses enfants et en fait la rupture qu’il y aura définitivement avec cet homme c’est le jour ou il voudra lever la main sur une de ses filles.

I.E. : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en montant la pièce ?

M.A. : La grande difficulté c’était d’abord l’adaptation. C’était un long travail de cheminement autour de deux grands romans et très difficile de garder l’oralité. Le grand intérêt pour moi c’était avec le deuxième roman. Le premier c’est un pur chef-d’œuvre mais le deuxième apporte de la lumière et le projet m’intéressait quand j’ai vu qu’il y avait de l’espoir dans cette femme et dans sa vie. Ce n’est pas que noir; il y a une porte d’ouverture.

I.E. : Parlez-nous un peu du travail avec Olwen.

M.A. : C’était très important qu’elle parle parfaitement le français. Il y avait donc cette rencontre bi-culturelle fascinante. C’était donc un projet franco-irlandais avec, en plus, une comédienne qui parle les deux langues. Le choix d’Olwen s’est imposé très vite par la rencontre humaine que nous avons eue à Dublin. On m’avait dit, et je le confirme, que c’était une des plus grandes comédiennes irlandaises. Elle a travaillé sur les plus grandes scènes bien sûr à Dublin mais aussi à Londres… elle a travaillé à la Royal Shakespeare Company et bien ailleurs. Donc cette dimension, cette puissance, sa capacité à prendre de corps un texte très difficile comme ça, toute seule, tout ça a fait que le choix s’est imposé. Et puis il y a une belle rencontre humaine. En plus c’est une rencontre culturelle de pratiques théâtrales. Je travaille d’habitude beaucoup sur la langue et avec Olwen j’ai appris beaucoup plus de souplesse, j’ai appris à être un peu plus à l’écoute du comédien, non que je ne l’étais pas avant mais je le suis plus maintenant. Olwen est une comédienne qui est très intéressée par le travail sur le corps, moi je suis plus intéressé par le travail sur le texte, on a été l’un vers l’autre et c’était extrêmement bénéfique même pour l’avenir. On a vraiment partagé la recherche, c’était un vrai travail à deux.

I.E.  : Et sur l’Irlande ?

M.A. : J’ai découvert une passion… cette île avec son histoire m’a beaucoup touché dans ma jeunesse, de par son conflit interne, mais j’ai découvert une âme qui m’a beaucoup parlé.

I.E. : Que voulez-vous que le public ressente à la fin de la pièce ?

M.A. : C’est un spectacle frontal. C’est un cri, un cri d’alerte. Je veux que ce public, qui sera, je l’espère, très pris à la gorge, n’ait qu’une seule envie : que les femmes dans les gradins se disent : ‘Jamais je n’accepterais ça’ et que hommes dans les gradins soient en alerte pour tirer la sonnette d’alarme. Ce n’est pas qu’un acte théâtral, c’est aussi un acte social d’un théâtre politique, engagé.


Eh bien, engagez-vous avec du génie théâtral franco-irlandais à la Cartoucherie 16-28 septembre (www.la-tempete.fr), aux Bouffes du Nord 12-15 novembre (www.bouffesdunord.com) ou bien en tournée nationale.

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 20:22

Portrait d’une battue battante

MICHEL ABÉCASSIS adapte et met en scène deux romans de l’écrivain irlandais RODDY DOYLE qui fait le portrait de Paula Spencer, une femme battue qui se bat pour retrouver la lumière.

Comment le projet de cette adaptation de RODDY DOYLE est-il né ?

MICHEL ABÉCASSIS : Cette mise en scène s’inscrit dans les projets européens « Tandem » qui reposent sur la collaboration entre artistes français et artistes des vingt-six autres pays de l’Union européenne. J’ai été sollicité par Dublin et j’ai rencontré OLWEN FOUÉRÉ, la plus grande comédienne irlandaise. Après plusieurs rencontres à Paris et à Dublin, nous nous sommes mis d’accord pour cette aventure autour de l’œuvre de RODDY DOYLE. J’avais lu il y a longtemps LA FEMME QUI SE COGNAIT DANS LES PORTES. Pendant que ce projet se mettait en place, est sortie la suite de ce premier roman, PAULA SPENCER. Douze ans après, RODDY DOYLE choisit la lumière après un premier roman très noir.

Quels sont les thèmes abordés par ces deux romans ?

M. A. : LA FEMME QUI SE COGNAIT DANS LES PORTES aborde des sujets importants : les femmes battues, les ravages de l’alcool et le quart-monde composé de tous les laissés-pour-compte de la société.

Dans le premier roman, on découvre cette femme battue par son mari : tous deux, ainsi que leurs enfants, boivent. Dans le deuxième roman, le mari a été flingué par les flics et Paula redécouvre la vie même si elle a toujours dans la peau celui qui la battait. Elle ne boit plus, ses enfants non plus ; elle rencontre un autre homme et s’aperçoit qu’à quarante-huit ans, elle peut encore être désirable. La seule chose qui la tient debout et lucide, c’est le souci de ses enfants.

Comment avez-vous travaillé l’adaptation scénique de cette œuvre ?

M. A. : Ce qui m’intéressait, c’était de tirer l’œuvre vers la lumière même s’il y a des passages très durs. Il y a beaucoup d’humour décalé dans ce texte caustique. Quand j’adapte un texte, je pense toujours à la dramaturgie et au plateau. En l’occurrence, je n’avais pas envie d’une comédienne qui gueule sa douleur. Je hais la psychologie et le naturalisme au théâtre et il s’agissait de trouver suffisamment de distance pour éviter le pathos. C’est pourquoi j’ai choisi le stand up et le micro pour faire sonner les mots et trouver leur vraie musicalité car c’est la musicalité qui donne le sens. Il s’agissait de travailler sur l’oralité dans la mesure où le personnage se réapproprie le je par la parole, par le récit. Il s’agit d’un exutoire certes, mais d’un exutoire très codifié. La mise en scène est écrite comme une partition musicale.

Que nous apprend Paula Spencer sur l’existence ?

M. A. : Même si elle crache son venin dans un texte aux limites du chant, Paula n’est pas personnage larmoyant : elle est très rock’n’roll, complètement destroy. Elle est obligée d’en passer par les mots pour dire les choses et s’en sortir. Quand elle se fait cogner, tout le monde le sait et personne ne lui demande ce qui se passe, ni son entourage, ni les médecins. La seule chose qu’elle peut dire c’est qu’elle s’est cognée dans les portes : sa douleur est innommable jusqu’à ce qu’elle parvienne à cette catharsis qu’est la parole, souvent avec un humour incroyable comme si la seule véritable échappatoire à l’horreur, c’était de parvenir à rire de soi et du monde.

Propos recueillis par CATHERINE ROBERT, La Terrasse, n° 160, septembre 2008

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Le génie franco-irlandais

De juillet à décembre 2008, les cultures des vingt-sept États membres de l’Union européenne seront à l’honneur aux six coins de l’Hexagone, sur ses diagonales et au-delà. C’est là le pari de la Présidence française de l’Union européenne : proposer pour la première fois au public français une Saison culturelle européenne qui mette en évidence la diversité créatrice de toutes les cultures européennes, ainsi que la force identitaire d’un patrimoine en grande partie commun. Le volet théâtral de la semaine irlandaise de cette saison débutera le 16 septembre 2008, sur la scène du Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie de Vincennes avec une adaptation de deux romans de l’auteur dublinois, « La femme qui se coignait dans les portes » et « Paula Spencer ».
Cette adaptation et sa mise en scène sont signées Michel Abécassis (auteur, comédien et metteur en scène, il a fondé théâtre de l'Éveil en 1982) en collaboration avec Olwen Fouéré.
The Irish Eyes a rencontré le metteur-en-scène pour découvrir ce qu’il y avait derrière ce beau projet franco-irlandais.


Irish Eyes : Pourquoi le choix de ce texte de Roddy Doyle?


Michel Abécassis : C’est très simple. J’ai été sollicité par l’Ambassade de France à Dublin dans le cadre de la saison culturelle européenne qui a lieu pendant la présidence de la France de l’Union européenne. L’attaché culturel qui me connaissait, m’a demandé si je pouvais travailler sur un projet franco-irlandais avec carte blanche artistique totale pour le projet artistique. J’ai pensé très vite à un roman qui j’avais lu il y a pas mal d’années, un roman de Roddy Doyle, « La femme qui se cognait dans les portes » et comme je monte très souvent des adaptations au théâtre, j’ai eu très envie de monter ce projet-là. Le Centre Culturel Irlandais de Paris, ayant vent du projet, tout de suite ils m’ont dit : « si vous souhaitez monter ce projet-là, il faut absolument faire ça avec Olwen Fouéré, qui est une des plus grandes comédiennes irlandaises. Elle parle en plus français ». Je l’ai rencontrée à Dublin il y a un peu plus d’un an et puis on a cheminé ensemble et on s’est mis d’accord pour faire ensemble ce projet. Là-dessus est venu l’auteur, Roddy Doyle, qui venait de sortir la suite du roman, onze ans après, en anglais. Ca s’appelle Paula Spencer et Olwen m’a dit : « Mais Michel, pourquoi tu ne ferais pas une adaptation des deux romans ? » et ça a beaucoup plu à Roddy Doyle et voilà comment on est arrivé à ce projet.

I.E. : Qui est donc Paula Spencer ? Pourriez-vous donc nous la décrire sans trop dévoiler ?

M.A. : Quand j’ai écrit à Roddy Doyle, j’ai insisté sur le côté universel de la femme qui avait à faire avec la violence conjugale. Ca lui a beaucoup plu. Le personnage de Paula Spencer c’est un personnage très shakespearien, qui se retrouve dans cette grande problématique de l’amour et de la haine. L’amour pour cet homme qu’elle aime mais en même temps qu’elle hait car cet homme va la massacrer avec une violence innommable, souvent sous l’emprise de l’alcool et en même temps il l’a sauvée de la misère. Et puis l’amour pour ses enfants et en fait la rupture qu’il y aura définitivement avec cet homme c’est le jour ou il voudra lever la main sur une de ses filles.

I.E. : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en montant la pièce ?

M.A. : La grande difficulté c’était d’abord l’adaptation. C’était un long travail de cheminement autour de deux grands romans et très difficile de garder l’oralité. Le grand intérêt pour moi c’était avec le deuxième roman. Le premier c’est un pur chef-d’œuvre mais le deuxième apporte de la lumière et le projet m’intéressait quand j’ai vu qu’il y avait de l’espoir dans cette femme et dans sa vie. Ce n’est pas que noir; il y a une porte d’ouverture.

I.E. : Parlez-nous un peu du travail avec Olwen.

M.A. : C’était très important qu’elle parle parfaitement le français. Il y avait donc cette rencontre bi-culturelle fascinante. C’était donc un projet franco-irlandais avec, en plus, une comédienne qui parle les deux langues. Le choix d’Olwen s’est imposé très vite par la rencontre humaine que nous avons eue à Dublin. On m’avait dit, et je le confirme, que c’était une des plus grandes comédiennes irlandaises. Elle a travaillé sur les plus grandes scènes bien sûr à Dublin mais aussi à Londres… elle a travaillé à la Royal Shakespeare Company et bien ailleurs. Donc cette dimension, cette puissance, sa capacité à prendre de corps un texte très difficile comme ça, toute seule, tout ça a fait que le choix s’est imposé. Et puis il y a une belle rencontre humaine. En plus c’est une rencontre culturelle de pratiques théâtrales. Je travaille d’habitude beaucoup sur la langue et avec Olwen j’ai appris beaucoup plus de souplesse, j’ai appris à être un peu plus à l’écoute du comédien, non que je ne l’étais pas avant mais je le suis plus maintenant. Olwen est une comédienne qui est très intéressée par le travail sur le corps, moi je suis plus intéressé par le travail sur le texte, on a été l’un vers l’autre et c’était extrêmement bénéfique même pour l’avenir. On a vraiment partagé la recherche, c’était un vrai travail à deux.

I.E.  : Et sur l’Irlande ?

M.A. : J’ai découvert une passion… cette île avec son histoire m’a beaucoup touché dans ma jeunesse, de par son conflit interne, mais j’ai découvert une âme qui m’a beaucoup parlé.

I.E. : Que voulez-vous que le public ressente à la fin de la pièce ?

M.A. : C’est un spectacle frontal. C’est un cri, un cri d’alerte. Je veux que ce public, qui sera, je l’espère, très pris à la gorge, n’ait qu’une seule envie : que les femmes dans les gradins se disent : ‘Jamais je n’accepterais ça’ et que hommes dans les gradins soient en alerte pour tirer la sonnette d’alarme. Ce n’est pas qu’un acte théâtral, c’est aussi un acte social d’un théâtre politique, engagé.


Eh bien, engagez-vous avec du génie théâtral franco-irlandais à la Cartoucherie 16-28 septembre (www.la-tempete.fr), aux Bouffes du Nord 12-15 novembre (www.bouffesdunord.com) ou bien en tournée nationale.

Entretien édité dans le journal Irish Eyes

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