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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 20:49

"EXERCICES DE STYLE"

-L'AUTOBUS "S" - quel plaisir de redécouvrir Queneau à travers l'interprétation de ces 3 comédiens plein d'érnergie. Humour, originalité et éclats de rire sont au rendez vous. "Exercices de style" est un spectacle aussi bien pour adulte que pour enfant (ma nièce de 8 ans a adoré !). écrit le 10/12/2005 par : schéhérazade (20 critiques, a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) 

-EPOUSTOUFLANT ! - Je suis allée voir ce spectacle "Exercices de style" un peu au hasard mais quelle n'a pas été ma surprise. Les 3 comediens sont formidables et ils arrivent avec une banale histoire à nous la raconter de diverses manières sans que cela nous lasse. Merci beaucoup pour cette bonne soirée ! écrit le 10/12/2005 par : michèle (18 critiques, a vu cet évènement avec BilletReduc.com )

-EPOUSTOUFLANT! - Incontestablement, un des meilleurs spectacles que j'aie vu dernièrement. Réglé comme du papier à musique, les trois interprètes sont des virtuoses. Ils réussissent la prouesse scénique de jouer à trois sans (presque) jamais se regarder; et on les suit, épatés. A ces "Exercices de styles",  on voudrait rire souvent, mais on est tellement saisi par la créativité, l'inventivité et la précision de cette oeuvre, qu'on en reste baba, admiratifs. Rythme, précision, perfection d'une mise en scène essentielle. Tout est parfait pour servir un texte étonnemment moderne. Un vrai petit bijou. écrit le 10/12/2005 par : pruneprod (2 critiques, a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) 

- PAS D'ADJECTIF ! -

Juste un petit mot tout d'abord pour dire que je suis allée voir les "Exercices de style" samedi et que ce spectacle est... je ne trouve pas l'adjectif adéquat : extraordinaire, emballant, impressionnant...
Bref, nous avons passé un moment mémorable ! Quel travail !

Azélina

Trouvé sur internet (blog à part) un long texte qu'un spectateur internaute a laissé :

                Notations

Dans l'autobus "S", à une heure d'affluence. Un type dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus. Les gens descendent. Le type en question s'irrite contre un voisin. Il lui reproche de le bousculer à chaque fois qu'il passe quelqu'un. Ton pleurnichard qui se veut méchant. Comme il voit une place libre, il se précipite dessus. Deux heures plus tard, je le rencontre Cour de Rome, devant la gare Saint-Lazare. Il est avec un camarade qui lui dit : "Tu devrais faire mettre un bouton supplémentaire à ton pardessus." Il lui montre où (à l'échancrure) et pourquoi.

"Ce fait divers assez banal, date de 1947. Il a été relaté par Raymond Queneau dans "Exercices de style" de 99 manières différentes. Cela a fait l'objet d'un spectacle créé par la compagnie du "Théatre de l'Éveil" et joué hier soir (entre autres) au théatre Daniel-Sorano à Vincennes par le metteur en scène : Michel Abecassis et deux autres acteurs: Pierre Ollier et Guillaume Van't Hoff. J'étais dans la salle avec 179 autres personnes (salle bondée). Un régal. Assister à un tel spectacle pour quelqu'un qui aime les mots et qui aime ceux qui jouent avec, c'est comme conduire une Ferrari pour les amateurs du volant ou participer à la coupe du monde de foot pour les amoureux du ballon rond."

                    Litotes

Nous étions quelques uns à nous déplacer de conserve. Un jeune homme, qui n'avait pas l'air très intelligent, parla quelques instants avec un monsieur qui se trouvait à côté de lui, puis il alla s'asseoir. Deux heures plus tard, je le rencontrai de nouveau; il était en compagnie d'un camarade et parlait chiffons.

"Le spectacle ne retraçait pas les 99 versions, mais tout de même une bonne trentaine. Par rapport au texte écrit, déjà jouissif, il apportait le plus de la mise en scène et de la mise en bouche des acteurs."

                Précisions

A 1h17 dans un autobus de la ligne S, long de 10 mètres, large de 2m1, haut de 3m5, à 3km600 de son point de départ, alors qu'il était chargé de 48 personnes, un individu de sexe masculin, agé de 27 ans 3 mois 8 jours, taille 1m72 et pesant 65 kg et portant sur la tête un chapeau haut de 17 centimètres dont la calotte était entourée d'un ruban long de 35 centimètres interpelle un homme âgé de 48 ans 4 mois trois jours, taille 1m68 et pesant 77 kg au moyen de 14 mots dont l'énonciation dura 5 secondes et qui faisaient allusion à des déplacements involontaires de 15 à 20 millimètres. Il va ensuite s'asseoir à quelques 2m10 de là. 118 minutes plus tard, il se trouvait à 10 mètres de la gare Saint Lazare, entrée banlieue, et se promenait de long en large sur un trajet de 30 mètres avec un camarade âgé de 28 ans, taille 1m70 et pesant 71 kg qui lui conseilla en 15 mots de déplacer de 5 centimètres, dans la direction du zénith, un bouton de 3 centimètres de diamètre.

"C'est ainsi qu'on a changé d'atmosphère, de manière de narrer, passant parfois bizarrement de Léon Zitrone au Lieutenant Columbo, de l'intérieur d'une gare à celui d'une église, de la musique de Bobby Lapointe au Negro Spirituals en passant par Brassens, du bégaiement au ton pédant via même les TOC (Tics Obsessionnels de Comportement) et de l'accent anglais à l'accent méridional."

            Composition de mots

Je plate-d'autobus-formais co-foultitudinairement dans un espace-temps lutétio-méridiennal et voisinais avec un longicol tresseautourduchapeauté morveux. Lequel dit à un quelconquanonyme : "Vous me bousculapparaissez." Ceci éjaculé, se placelibra voracement. Dans une spatiotemporalité postérieure, je le revis qui placesaintlazarait avec un X qui lui disait : "Tu devrais boutonsupplémenter ton pardessus." Et il pourquexpliquait la chose. 

"Je remercie les enfants de nous avoir permis de nous régaler à cette pièce (et, en parlant de régaler, merci également à Béatrice de nous avoir concocté ce super confit d'après spectacle qui a magnifiquement terminé la soirée)"

                Alexandrins

Un jour, dans l'autobus qui porte la lettre S
Je vis un foutriquet de je ne sais quel es-
Pèce qui râlait bien qu'autour de son turban
Il y eût de la tresse en place de ruban.
Il râlait ce jeune homme à l'allure insipide,
Au col démesuré à l'haleine putride,
Parce qu'un citoyen qui paraissait majeur
Le heurtait, disait-il, si quelque voyageur
Se hissait haletant et poursuivi par l'heure
Espérant déjeuner en sa chaste demeure.
Il n'y eu point d'esclandre et le triste quidam
Courut vers une place et s'assit sottement.
Comme je retournais direction rive gauche
De nouveau j'aperçus ce personnage moche
Accompagné d'un zèbre, imbécile dandy,
Qui disait :" Ce bouton faut pas le mettre ici."

L'auteur : Raymond Queneau
Le texte : Exercices de Style
Le théatre : Daniel Sorano à Vincennes


                    Rétrograde

Tu devrais ajouter un bouton à ton pardessus, lui dit son ami. Je le rencontrai au milieu de la Cour de Rome, après l'avoir quitté se précipitant avec avidité sur une place assise. Il venait de protester contre la poussée d'un autre voyageur, qui, disait-il, le bousculait à chaque fois qu'il descendait quelqu'un. Ce jeune homme décharné était porteur d'un chapeau ridicule. Cela se passa sur la plate-forme de l'autobus S, complet ce midi-là.

La presse

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Published by teveil - dans RÉACTIONS DU PUBLIC

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